REMONTONS LE TEMPS…

Des points d’ancrage dans les murs du transept laissent supposer qu’une tribune d’orgue  était installée dans l’église Saint-Florentin avant le XVIIème et la présence d’un “grand 4 claviers“ est même évoquée dans certains textes. Ce qui est sûr, c’est que le positif de dos était déjà construit en 1620 et qu’en 1674, le grand buffet est l’objet de travaux par un certain Jean DUMONT.

Au XIXème siècle, l’orgue est profondément remanié, pour ne pas dire anéanti, par Joseph MERKLIN : le buffet est alors élargi et les claviers sont placés sur le côté de l’instrument.

En 1969, il est restructuré par un des plus grands facteurs d’orgue de l’époque, Curt SCHWENKEDEL. Ce facteur réutilise une grande partie de la tuyauterie du XIXème. Il la complète notamment par un grand plein jeu de 13 rangs (une dimension exceptionnelle pour un instrument de cette taille !). On doit à Curt SCHWENKEDEL la redécouverte de la facture instrumentale “baroque“ comme en témoigne ses réalisations exceptionnelles (Saint Donat, Belfort, Toul, Mariental, Strasbourg, Paris, entre autres). Grâce à lui, l’orgue de Saint-Florentin retrouve une esthétique sonore et une structure mécanique digne des instruments les plus renommés.

Il retrouve ainsi ses proportions d’origine et la console reprend sa place, en fenêtre, entre les buffets. Elle abrite les deux claviers (touches naturelles en ébène, feintes en ivoire) et le pédalier. Le grand-orgue présente trois tourelles et deux plates-faces. Les éléments décoratifs (culs de lampe, pots à fleurs) proviennent de l’ancien instrument. Le positif, raccourci en profondeur au XIXème, comporte aussi trois tourelles et deux plates-faces. Le buffet du positif et sa tuyauterie de façade date de 1620

LE RELEVAGE DE L’ORGUE

Curieuse expression ! Mais l’univers de l’orgue a son vocabulaire propre… Un relevage consiste donc à remettre à niveau, à “relever“ un instrument “vers“ un état parfait, sans en modifier la structure tant mécanique que musicale. Il s’agit d’une révision de tous les éléments qui constituent un orgue : à Saint Florentin, cette opération concerne les 1800 tuyaux, les éléments de mécanique des trois plans sonores, les sommiers, la soufflerie etc. Les buffets de l’orgue sont entièrement vidés de tous les éléments notamment la tuyauterie. Chaque élément est lavé, dépoussiéré, réglé ou remplacé si nécessaire. Chaque tuyau est lavé, décabossé, démonté pour certains, puis, après avoir été remis en place, égalisé, harmonisé et enfin accordé. L’harmonie générale antérieure a été strictement conservée. En aucun cas, il n’a été question de revoir l’harmonisation si particulière, puissante et fruitée, de Curt SCHWENKEDEL.

UN ORGUE QUI A DU TEMPÉRAMENT

Avec le temps, il a été pris l’habitude, “d’égaliser“, d’uniformiser les intervalles entre les notes des instruments à claviers et de faire des intervalles rigoureusement égaux. Mais un ré dièse n’est pas un mi b! Nous redécouvrons actuellement les différentes méthodes, les différents “tempéraments“, pour accorder nos instruments en rendant leur “caractère“ aux différentes tonalités.

Il était donc intéressant de profiter du relevage de l’orgue pour lui appliquer un « accord bien tempéré » selon une méthode contemporaine de Jean Sébastien BACH : un tempérament  inégal. Le choix a porté sur un tempérament de Johann Philipp KIRNBERGER, élève de BACH et brillant théoricien allemand de l’harmonie (1721-1783).

Dès la fin du XVIIIème siècle, ses “ tempéraments“ ont fait le tour du monde  à travers des formules d’une grande simplicité d’exécution.

Un tempérament inégal est constitué d’intervalles très justes, d’autres pas tout à fait justes et de quelques uns, un peu faux. Certaines tonalités sont donc pures, d’autres un peu altérées et quelques unes …difficiles pour nos oreilles contemporaines. Toutes retrouvent leur caractère propre.

L’orgue de Saint Florentin, bien tempéré, offre dorénavant des sonorités apaisées, d’une grande sérénité, d’une rare précision. Chaque note, chaque accord est ciselé comme pourrait l’être un bijou.

DESCRIPTIF

POSITIF DE DOS  Premier clavier (56 notes : ut1 – sol5)

  • Flûte à cheminée 8′ (XIXème siècle)
  • Montre 4′ en façade et aplatissements (1620)
  • Doublette 2′ (1969)
  • Larigot 1’1/3 (1969)
  • Cymbale III rangs (1969)
  • Cromorne 8′ (1969)

GRAND ORGUE  Deuxième clavier

  • Montre 8′
  • Bourdon 8′
  • Prestant 4′
  • Flûte à cheminées 4′
  • Flûte conique 2′
  • Nazard 2’2/3
  • Tierce 1 3/5
  • Trompette 8′
  • Clairon 4′  => le tout XIXème siècle
  • Cymbale III-IV rangs (1969)
  • Fourniture IV-VI rangs (1969)

PÉDALE  30 notes : ut1 – fa3

  • Soubasse 16′ (XIXème siècle)
  • Flûte à cheminées 8′ (1969)
  • Principal italien 4′ (1969)
  • Douçaine 16′, corps en cuivre et gouttières en bois (1969)
  • Tirasse GO / Pédale tirasse POS / Pédale accouplement POS – GO
  • Tremblant positif (installé lors du relevage de 2011)

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